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Redécouverte du catalogue d’Hipparque : une avancée majeure pour l’histoire de l’astronomie

Un nouveau fragment du catalogue d’étoiles d’Hipparque, considéré comme perdu depuis l’Antiquité, a été identifié dans un manuscrit ancien par Victor Gysembergh, chercheur au CNRS, affilié au Centre Léon Robin (UMR 8061) et porteur du projet PALAI, financé par l’ERC.

En 2022, une découverte majeure marque un tournant dans l’histoire de l’astronomie antique : des fragments du catalogue d'étoiles, composé par l'astronome grec Hipparque, longtemps considéré comme perdu, sont identifiés dans un manuscrit ancien.

Rédigée au IIe siècle avant notre ère, cette œuvre constitue le plus ancien relevé connu des positions d’étoiles. Le texte est conservé sous forme de palimpseste : un parchemin dont l’écriture originale a été effacée puis recouverte, au Moyen Âge, par un texte religieux copié par des moines.

Les premières analyses par imagerie multispectrale permettent de faire réapparaître quelques lignes en grec, révélant des coordonnées d’étoiles. Ces résultats initiaux sont confirmés par Victor Gysembergh, qui identifie des éléments compatibles avec le catalogue d’Hipparque.

Début 2026, une nouvelle étape est franchie : le manuscrit, conservé au Museum of the Bible, est transporté au SLAC (National Accelerator Laboratory de l’Université Stanford en Californie). L’analyse par rayons X permet de détecter les résidus métalliques présents dans les encres anciennes et de faire apparaître les textes effacés sans endommager le parchemin.

Les premiers scans ont mis en évidence des coordonnées d’étoiles et des descriptions de constellations en grec. Ces éléments convergent vers l’identification du texte comme appartenant au catalogue d’Hipparque

Le traitement d’une page nécessitant plusieurs heures de scan, l’exploitation complète des données devrait s’étendre sur plusieurs mois. Les chercheurs et chercheuses travaillent notamment à évaluer la précision des mesures d’Hipparque et à les comparer à celles du catalogue d'étoiles de Claude Ptolémée. 

D’autres fragments du catalogue pourraient exister dans des manuscrits conservés à travers le monde, notamment au monastère Sainte-Catherine du Sinaï. Cette redécouverte contribue à mieux documenter les débuts de l’astronomie scientifique.

Centre de recherche sur la pensée antique (Centre Léon Robin)

Le centre de recherches sur la pensée antique, plus connu sous le nom de centre Léon Robin, est une unité mixte de recherche (UMR 8061) placée sous la double tutelle de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université et du CNRS, et travaillant en partenariat avec l’École Normale Supérieure de Paris. Il a pour mission de susciter et coordonner les recherches concernant la pensée antique et son histoire.

Les membres du centre interrogent les textes dans leur contenu philosophique, tout en tenant le plus grand compte des problèmes philologiques et historiographiques ainsi que de l’arrière-fond politique, religieux, esthétique de ces textes. Il accorde une place importante à l’histoire de leur réception et aux enjeux liés à leurs usages passés et contemporains.