Expériences du contact dans les territoires autochtones d’Amérique du Nord (XVIIe-XIXe siècles)
Cette journée explore la nature des rencontres entre autochtones et colons euro-américains, leurs occurrences, la spatialité du phénomène et ses répercussions. En replaçant ces rencontres dans le contexte des traditions autochtones, les communications témoignent de la façon dont les autochtones ont pu contrôler ces interactions.
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Le 22 Mai. 2026
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09:00 - 18:00
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Journée d'étude
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Maison de la Recherche, salle D323.
Inscription obligatoire via ce lien.
Plutôt qu’une rencontre ponctuelle et datable, les contacts entre les autochtones et les colons euro-américainnes et euro-américains invitent à réfléchir sur la longue durée. Ces contacts sont protéiformes : conflictuels, diplomatiques, culturels, religieux ou économiques. L’idée est ici de réfléchir à la nature de ces rencontres, leurs occurrences, la spatialité du phénomène et leurs répercussions, tant du côté des autochtones que du côté des euro-américainnes et euro-américains. Ces expériences de l’Autre transforment les pratiques, génèrent des adaptations et participent à l’évolution des rapports de force qui se jouent en Amérique du Nord. Il faut envisager ces rencontres comme des interactions aux modalités fluides et dont le résultat n’est jamais déterminé à l’avance. C’est en cela qu’elles jouent un rôle déterminant dans la formation des sociétés coloniales nord-américaines.
Pour comprendre ces phénomènes, les travaux récents proposent surtout d’employer à nouveau frais les archives produites par des autochtones, qu’elles soient matérielles ou immatérielles (les écrits autochtones mais aussi les traditions orales et la culture matérielle), tout en présentant de nouvelles méthodes pour étudier les archives coloniales. Lisa Brooks, dans son article du forum « Materials and Methods in Native American and Indigenous Studies », propose ainsi une réinterprétation des cartes coloniales de la Nouvelle Angleterre à travers une connaissance physique du territoire en question et des conversations avec ses habitantes et habitants, ainsi que par l’étude des toponymes en langue autochtone.
De plus, les rencontres entre les colons euro-américainnes et euro-américains et les autochtones, tout comme celles entre les autochtones eux-mêmes, doivent être replacées dans le contexte des traditions autochtones, car ces interactions ne sauraient être comprises à travers les seules temporalités ou épistémologies européennes. Il s’agit alors de témoigner de la façon dont les autochtones ont pu contrôler ces interactions durant une période de contact avec les euro-américainnes et euro-américains et de les inscrire dans des pratiques établies au sein de leurs communautés. On pense par exemple à l’ouvrage de Kathleen Duval, The Native Ground: Indians and Colonists in the Heart of the Continent (2006) qui inscrit les relations entre autochtones et colons euro-américainnes et euro-américains dans la continuité de la pratique diplomatique des peuples autochtones. L’objectif de cette journée d’étude est d’interroger les récits et autres productions ethnographiques, autochtones et coloniales, pour dépasser une lecture ethnocentrique et mieux comprendre les expériences de rencontre et les tensions culturelles du XVIIe au XIXe siècle.
Dans la lignée du cadre théorique Vast Early America, nous proposons l’exploration de contacts entre Euro-Américains et autochtones de tous bords et invitons ainsi des communications qui s’intéressent notamment aux expériences des hommes, des femmes et des enfants autochtones de cultures diverses, ainsi que de colons euro-américains issus de milieux socio-économiques et culturels variés. Vast Early America nous amène également à définir ici l’Amérique du Nord comme un espace s’étendant du Canada actuel jusqu’au Mexique, et incluant les Caraïbes.
9h-9h15 : Introduction
- Robert Coatsworth
- Donia Menghini
- Maïann Stachnik
9h15-11h05 : Panel 1 - Circulations, adaptations et continuités des pratiques culturelles autochtones / The Circulation, Adaptation and Continuity of Indigenous Cultural Practices
Présidence : Nathalie Caron
- 9h15-9h35 : Marian Leech, Fur Carpets, Axe Pendants, and Shell Beads: Retracing Narratives of “First Contact” Across Dutch and Delaware Traditions
- 9h35-9h55 : Cameron B. Strang, Indigenous Explorers and the Long Intellectual History of Survival
- 9h55-10h15 : Augustin Habran, “Contact zones” in the Great Plains: The emergence of Indian Territory and reconsideration of Indigenous agency in the West
- 10h15-10h35 : Benjamin Balloy, "Frapper au poteau" (Striking the Post): Considerations on a Form of Ritual Interaction
11h20-12h30 : Panel 2 - Race et esclavage : expériences et constructions transculturelles / Experiencing and Producing Race and Enslavement across Cultures
Présidence : Gabrielle Guillerm
- 11h20-11h40 : Linford Fisher, Experiencing Enslavement in Colonial America: Indigenous Perspectives on the Threat of Slavery in Warfare and During Slave Trades
- 11h40-12h : Taryn M. Dixon, Controlling Space and Race in Indian Territory: the Construction of White and Black Illegality through Racial Exclusion Laws in Post-Removal Choctaw Nation
14h-15h50 : Panel 3 - Diplomatie et pratiques militaires en territoires autochtones / Diplomacy and Military Practices in Indigenous Territories
Présidence : Donia Menghini
- 14h-14h20 : Guillaume Teasdale, Before Pontiac: The Huron Plot of 1747 and the Crisis of French Detroit
- 14h20-14h40 : Agnès Trouillet, Gansho-Wanne, “The Roaring River”: The Schuylkill as a Crucible for Resistance and Change in 17th-Century Delaware Valley
- 14h40-15h : Maxence Terrollion, Forts frontaliers et frontières sans forts : l’affirmation des souverainetés autochtones du nord de la vallée de l’Ohio dans les luttes d’empire (1726-1760)
- 15h-15h20 : Mathieu Taloté, Man is a prey to man. Hostages and first contact strategies in the Canadian Arctic (1576-1578)
16h20-17h50 : Raconter le contact : témoignages, récits et savoirs autochtones / (Re)telling the History of Contact : Indigenous Testimonies, Narratives and Knowledge
Présidence : Will Slauter
- 16h20-16h40 : Mairin Odle, ‘Covering him with the same bear-skin’: Narratives of a Transatlantic Seminole Childhood, 1838-1843
- 16h40-17h : Eduardo Angel Cruz, Sanctity as Ethnography: Indigenous Witnesses and Negotiated Experiences of the Holy in 17th Century New Spain
- 17h-17h20 : Laurie Arnold, Dialogues of Contact: Native American Plays as Archival Sources
17h50 : Conclusion
- Robert Coatsworth
- Donia Menghini
- Maïann Stachnik
Programme détaillé à télécharger en bas de page (à venir).
Organisation
- Robert Coatsworth, Sorbonne Université
- Gabrielle Guillerm, Sorbonne Université
- Donia Menghini, Université Paris 8
- Maïann Stachnik, Sorbonne Université
Intervenantes et intervenants
- Laurie Arnold, Gonzaga University
- Benjamin Balloy, CNRS et Université Toulouse Jean Jaurès
- Eduardo Angel Cruz, KU Leuven
- Taryn M. Dixon, Northwestern University
- Linford Fisher, Brown University
- Augustin Habran, Université d’Orléans
- Marian Leech, University of Pennsylvania
- Mairin Odle, University of Alabama
- Cameron B. Strang, University of Nevada
- Mathieu Taloté, Nantes Université
- Guillaume Teasdale, University of Windsor
- Maxence Terrollion, Université du Québec
- Agnès Trouillet, Université Paris Nanterre
Partenaires de l'événement
Cet événement est organisé en collaboration avec le laboratoire "Institutions et dynamiques historiques de l'économie et de la société" (IDHE.S) et l’école doctorale "Pratiques et théories du sens" de l'Université Paris 8.
Lieu de l'événement
Maison de la recherche
salle D323
28, rue Serpente 75006 Paris
28 rue Serpente 75006 Paris
Histoire et dynamique des espaces anglophones : du réel au virtuel (HDEA)
Les chercheurs et chercheuses de l'unité de recherche Histoire et dynamique des espaces anglophones sont des spécialistes d’histoire, de sociologie, de science politique dont les travaux portent sur la Grande-Bretagne, l’Irlande, les États-Unis.