Hércules sostiene la esfera celeste

Pôle : « Europe et Renaissance »

Du milieu du XVe siècle au milieu du XVIIe siècle l’Europe a connu des transformations profondes. L’étude de la Renaissance suppose par essence une approche pluridisciplinaire. Le pôle « Europe et Renaissance » se propose de rassembler les forces des unités de formation et de recherche (UFR) et des laboratoires de Sorbonne Université qui se consacrent à l'étude cette période.

Pôle : « Europe et Renaissance »

Organigramme

Julien Goeury, Professeur, UFR Littérature française
Nicolas Le Roux Professeur, UFR Histoire
Alain Tallon, Professeur, UFR Histoire

Hélène Casanova-Robin,
Charlotte de Castelnau-L’Estoile
Marie-Céline Daniel
Xavier Le Person
Emmanuel Lurin
Renaud Malavialle
Christine Noille
Anne-Pascale POUEY-MOUNOU
Elisabeth Rothmund

Vincent Adams--Aumérégie
Delphine Amstutz
Sylvain André
Marie Bouhaïk-Gironès
Guillaume Bunel
Emmanuel Bury
Cécile Caby
Line Cottegnies
Gilles Couffignal
Marie-Céline Daniel
Tatiana Debbagi Baranova
Muriel Debourg-Valiard
Adeline Desbois-Ientile
Nastasia Gallian
Matthieu Gellard
Bertrand Haan
Clotilde Jacquelard
Anne Lepoittevin
Florence Malhomme
Jean-Charles Monferran
Béatrice Perez
Anne-Pascale Pouey-Mounou
Emilie Seris
Marie-Catherine Vignal-Souleyreau

Concetta Cavallini, université de Bari
Laure Fagnart, université de Liège
Pauline Goul, université de Chicago
Thomas Hunkeler, université de Fribourg
Claude La Charité, université du Quebec à Rimouski
Daniele Maira, université de Göttingen
Paul-Alexis Mellet, université de Genève
Larry Norman, université de Chicago

Recherche

La Renaissance est-elle italienne ? Y a-t-il une ou des Renaissances ? Jacob Burckhardt a fait de l’Italie le premier laboratoire de la Renaissance. La résurrection des formes antiques, l’invention de la perspective, la redécouverte accélérée du grec après la chute de Constantinople, tout cela s’est combiné pour faire de l’Italie le lieu originel de la Renaissance.

L’Italie n’était pas isolée : savants et artistes circulaient dans toute l’Europe. Le latin constituait une langue européenne, support d’une culture commune, saturée de références antiques, qui se pensait comme universelle. La dignité des langues vernaculaires était néanmoins défendue avec une force nouvelle.

Globalement, la prise de conscience de la diversité du monde fut un effet essentiel des voyages ultra-marins et du développement des échanges, la connaissance du Nouveau Monde provoquant une projection de l’Europe en dehors de ses frontières naturelles, mais aussi en retour une intégration matérielle et symbolique du Nouveau Monde par l’Ancien.

Le caractère lumineux de la Renaissance ne doit pas cacher la dimension pessimiste de la culture du XVIe siècle.

La guerre fut la compagne de la Renaissance, et Érasme n’a eu de cesse de la dénoncer. La confrontation avec la puissance ottomane était également structurante dans la politique européenne. Une autre Europe, sous domination turque, était d’ailleurs en construction depuis le XVe siècle.

L’Europe fut enfin le lieu de guerres interconfessionnelles, dont la Suisse et l’Empire furent les premiers théâtres. Les paix de Kappel et d’Augsbourg (1531, 1555) inventèrent des formes de coexistence radicalement nouvelles.

Deux grandes paix européennes marquent la fin de cette ère de conflits (1648, 1659) à l’issue de laquelle s’est construite l’Europe moderne. Toutes ces guerres ont fondamentalement remis en cause le rêve de concorde des humanistes, tout en les contraignant à approfondir leur réflexion sur l’homme, comme l’illustre la pensée inquiète d’un Montaigne. Ce champ de bataille fut aussi celui des écrits et des imprimés conditionnés à de nouveaux usages.

De nouvelles pratiques de gouvernement et de nouvelles formes de légitimation de l’autorité ont émergé dans ce contexte troublé. L’État moderne reposait sur l’armée permanente et, sa compagne, la fiscalité, mais aussi sur la construction d’une administration de plus en plus structurée et sur l’acceptation des prélèvements et de la domination par une « société politique » (Jean-Philippe Genêt) en train de se constituer comme un acteur important de la vie des nations.

La Renaissance fut le temps par excellence de la représentation. Ce fut aussi un moment exceptionnel d’apparition sur la scène publique de personnages féminins.

Parallèlement, une grammaire de dénonciation de la tyrannie se construisit, qui plongeait ses racines dans l’histoire et la philosophie antiques. Aux