• Physique

Centre de Linguistique en Sorbonne

UR 7332 - CeLiSo

  • Unité de recherche

Le Centre de Linguistique en Sorbonne (CeLiSo) regroupe des spécialistes des grammaires des langues allemande, anglaise, néerlandaise, nordiques et slaves de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université.

Les activités concernent essentiellement la recherche fondamentale. Elles sont cependant en prise directe avec l’application immédiate que constitue l’enseignement des langues étrangères puisque tous les chercheurs et toutes les chercheuses participent à la formation des étudiantes et étudiants à l’université.

Identification

Directrice : Elise MIGNOT

Directrices adjointes :
Martine DALMAS
Natalia BERNITSKAIA

École doctorale de rattachement :
Concepts et langages (ED433)

Maison de la recherche
bureau D324
28 rue Serpente,
75006 Paris

site internet du centre
Fiche Scan R

Présentation

Le caractère interdisciplinaire de son programme rend le CeLiSo proprement innovant en réunissant autour de thèmes communs (variation et changement, motivation) des spécialistes d’aires linguistiques différentes, traditionnellement rattachés à des équipes séparées. Les domaines de recherche portent sur  l'interface syntaxe-sémantique-cognition, la pragmatique, l'analyse de discours, la didactique.

1. Système, normes, usages : rôle des corpus

Responsable : Martine Dalmas

Le fait langagier peut être abordé sous différents angles : en termes de structure fonctionnelle (système), par rapport à la/aux normes et/ou au regard des manifestations discursives (usages). Chacune de ces trois perspectives vient enrichir la compréhension du fonctionnement des langues et met au jour des phénomènes et particularités propres à l’une ou l’autre, à tel ou tel genre textuel, contexte d’usage, etc.

Les recherches en lien avec l’axe 1 concernent différents aspects du discours : structure informationnelle, collocations et autres associations lexicales usuelles, étude des formes de réalisation de certaines fonctions (prédication, modalité, reprise pronominale, etc.). Toutes ont en ligne de mire la description des langues, en termes de système, norme(s) ou usages, au moyen d’une réflexion linguistique appuyée sur des productions réelles. Ces recherches, qualitatives et/ou quantitatives, s’inscrivent dans des domaines variés : sémantique lexicale (cooccurrences, figement/stabilité), syntaxe (linéarisation, anaphore), sociolinguistique, analyse du discours, didactique des langues, analyse conversationnelle.

La problématique centrale de l’axe, soit la question du lien entre théorie et empirie, invite enfin aux réflexions méthodologiques et/ou épistémologiques.

Les types de discours sur lesquelles portent les recherches des membres de l’axe sont très divers : discours parlementaire, administratif, spectaculaire, journalistique, politique, etc. La variété permet de diversifier la recherche en contribuant à l’étude d’un aspect bien précis d’un discours donné, en explorant des discours moins étudiés et, plus globalement, en élargissant le nombre d’études menées sur corpus. Elle permet aussi de confronter entre eux les phénomènes particuliers à l’un ou l’autre discours. Des rencontres, permettant une transversalité inter-axes, sont organisées au sein du Club Corpus autour de problématiques techniques en lien avec les corpus (annotation, outils de gestion, logiciels…) et la méthodologie scientifique.

2. La motivation dans la grammaire et le lexique

Responsables : Elise Mignot - Christelle Lacassin-Lagoin

 « Motivation » est synonyme de « relation non arbitraire ». S’il est admis que les relations entre les sens, ou les acceptions, des polysèmes lexicaux et grammaticaux sont motivées, il n’y a pas de consensus dans la communauté des linguistes quant au caractère arbitraire ou non de la relation entre sens et forme syntaxique et il est rare que la question soit au premier plan des discussions. Une clarification est à présent souhaitable ; elle est demandée par certains thèmes de recherche des membres du CeLiSo : syntaxe positionnelle, ordre des constituants, profil syntaxique des unités lexicales d’une même catégorie sémantique ou profil sémantique de structures syntaxiques, rapports entre catégories grammaticales et conceptualisation du monde, etc.

L’objectif des rencontres dédiées à la motivation n’est pas de proposer de nouvelles théories mais d’abord de faire l’état des lieux qui manque aujourd’hui. Il s’agira de recenser les positions théoriques des écoles (structuralistes, générativistes, énonciativistes, cognitivistes, etc.) mais aussi d’observer et de classer les pratiques des linguistes pour dégager des problématiques et ouvrir peut-être des pistes.

3. Didactique

Responsables : Cédric Brudermann - Cédric Sarré

Interroger les questions vives qui se posent dans le domaine de la didactique des langues, c’est adopter un positionnement épistémologique en se plaçant à la jonction des notions-clés que sont la construction de l’objet de recherche, les choix théoriques et les approches méthodologiques (quasi-expérimentales, recherche-action, recherche et développement, ethnométhodologie par exemple). La recherche en didactique des langues est ainsi nécessairement adossée à une exploration théorique qui fait appel à différentes sciences de fondement, dont la linguistique. On se placera donc ici dans une optique de linguistique appliquée, c’est-à-dire dans une approche de sciences humaines et sociales pleinement “scientifique”.

Parmi les volets sur lesquels cette approche de la recherche en didactique des langues sera mise en pratique, on retiendra plus spécialement, mais non exclusivement, celui de l’usage du numérique pour l’enseignement-apprentissage.

Des champs d’expérimentation et d’observation variés se multiplient actuellement : formations hybrides, en présentiel et à distance, accompagnement/tutorat, contacts entre pairs, communautés d’apprentissage et de pratique, apprentissage formel et informel, usage des corpus à des fins l’apprentissage… Ces cadres nouveaux, existants ou à créer, sont riches de pistes de recherche sur l’acquisition-apprentissage de manière plus générale, et l’on veillera à toujours garder le recul réflexif du chercheur et de la chercheuse et ses exigences méthodologiques, en ayant présent à l’esprit que l’élément le plus pertinent pour une approche didactique n’est pas la centration sur les technologies per se, mais bien l’analyse de leur impact sur l’apprentissage des langues.

Le secteur Lansad (Langues pour spécialistes d’autres disciplines), qui concerne des publics très hétérogènes (quant à leur niveau ou leurs motivations) et des organisations très diverses (en fonction du nombre d’heures, du type de formation, des ressources et scénarios proposés, du fait que l’on s’adresse à des étudiants d’une même discipline ou non…), se prête lui aussi relativement aisément à la mise en place d’innovations pédagogiques. De par sa complexité, il constitue également un vaste terrain de recherche en didactique.

C’est ainsi en s’intéressant à l’évolution des questionnements et des adossements théoriques, et selon une méthodologie raisonnée et cohérente, que diverses facettes du domaine pluriel qu’est la didactique des langues pourront être explorées au sein de cet axe.

4. Discours, domaines et milieux spécialisés

Responsable : Fanny Domenec

Les discours spécialisés ne naissent pas ex nihilo, et il convient donc de les analyser en fonction des communautés et des milieux qui les produisent et des domaines (disciplinaires ou professionnels) dont ils relèvent, en tenant compte de leur histoire, de leur place et fonction dans la société. Pour un linguiste, analyser les discours spécialisés dans leur contexte, non seulement textuel, mais également historique, social et culturel, permet de mieux comprendre comment les domaines sont nés et ont évolué, et dans quelle mesure les spécialistes sont contraints dans leurs discours par les traditions et la culture du milieu, par leurs objectifs et par le public auquel ils s’adressent.

Au-delà des enseignements que fournissent les arborescences terminologiques et conceptuelles, il convient de s’intéresser à toutes les variations par rapport à l’usage de la langue dite « commune » qui font la spécificité de tel ou tel domaine. Il s’agit aussi de prendre en compte les différents genres textuels, de s’intéresser aux questions de rhétorique et de stylistique, de relever, par exemple, les euphémismes, les précautions discursives, et de s’intéresser à ce qui les motive dans une approche pragmatique.
Pour les domaines disciplinaires, l’étude des métaphores constitue une source précieuse d’enseignements, et représente une voie d’accès à l’histoire des idées qui ont forgé la spécialité. Les métaphores constitutives de la théorie d’un domaine spécialisé sont essentielles. Elles peuvent remplir une fonction iconique, heuristique, pédagogique et argumentative ; leur étude permet de prendre le pouls d’une époque, d’une culture particulière, d’une institution donnée. Ce sont toutes ces facettes des discours spécialisés que cet axe s’efforce d’aborder.

  • Article dans une revue

Martial Foucault et Anne Muxel, Une jeunesse engagée. Enquête sur les étudiants de Sciences Po, 2002-2022

Margaux Trarieux

Lectures, Les comptes rendus, 2023. ⟨hal-03996139⟩

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Maison de la recherche - 28, rue Serpente
75006 Paris